Sylvie Verdière
Psychologue Clinicienne Psychothérapeute à Bois-Guillaume
Sylvie Verdière
Psychologue Clinicienne Psychothérapeute à Bois-Guillaume

Quels sont les problèmes que pose le symptôme en psychiatrie?

Par Sylvie Verdière

Psychologue Clinicienne

à Bois-Guillaume

La psychopathologie est un discours sur les affections et sur les modalités de cette affection.

Si le champ de la psychopathologie recouvre toutes les manifestations psychiques dont souffrent les individus et/ou qui ne sont pas supportées par la communauté, la psychopathologie, en tant que discipline, a recours à des approches théoriques et méthodologiques multiples quand elle cherche à décrire les troubles, leurs mécanismes et leur origine.

En effet, le psychisme est extrêmement complexe et une multitude de facteurs sont impliqués.

Ainsi, les notions de "signe" et de "symptôme"  ont été à l'origine de nombreux débats selon les différentes approches (psychanalytique, psychiatrique, cognitivo-comportementale, humaniste, systémique, etc.)

 

Manuila définit le symptôme comme la manifestation spontanée de toute maladie, qu'elle soit perçue subjectivement par le malade lui-même (symptôme subjectif), ou constatée par un observateur extérieur (symptôme objectif). Le symptôme est "témoin d'une maladie".

Le signe, quant à lui, correspond plus à un "indice" et on ne peut pas toujours donner au signe valeur de symptôme.

Pour être pertinent, un symptôme doit faire preuve d'invariabilité entre les différents cliniciens, c'est à dire que leurs avis doivent être tous identiques; par ailleurs, il doit être doté d'un certain pouvoir discriminatif.

Or, tout ceci pose problème à la psychiatrie: 

Alors que le médecin pourra se fier aux lois universelles de la médecine pour diagnostiquer le symptôme, le clinicien, lui, ne peut se "rattacher" qu'à la singularité de son patient. Le symptôme, en psychiatrie, est seulement descriptif.

D'après Allilaire, le symptôme en psychiatrie ne serait qu'une abstraction et une construction, un ensemble d'aspects complexes, qu'on essaie d'extraire et ordonner en vue d'objectifs. Or, il est difficile pour le clinicien, de savoir si tel ou tel aspect est investi ou non par le patient.

Par ailleurs, on assiste à une variation assez importante des symptômes: les symptômes varient selon la tolérance, le milieu de soins, le psychiatre, etc.  Le symptôme est étroitement lié au contexte.

La succession de symptômes chez un même patient pose également des questions aux psychiatres: s'agit-il d'une succession de troubles différents ou d'un même trouble prenant des "formes différentes"?

En 1973,  l'expérience de Rosenham avait montré à l'époque combien il était difficile d'appréhender le symptôme en psychiatrie: il avait envoyé plusieurs personnes saines dans des institutions psychiatriques. non seulement on leur reconnut certaines pathologies, mais en plus, les diagnostics étaient différents.

La psychiatrie d'aujourd'hui a fait d'énormes progrès, mais il n'en reste pas moins que la singularité du patient, son histoire, le contexte de soins, etc., font que la psychisme des individus demeure délicat à sonder et nécessite une grande prudence quant aux affirmations péremptoires de diagnostics pouvant enfermer les patients dans des catégories.

Par Sylvie Verdière

Psychologue Clinicienne

à Bois-Guillaume


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