Sylvie Verdière
Psychologue Clinicienne Psychothérapeute à Bois-Guillaume
Sylvie Verdière
Psychologue Clinicienne Psychothérapeute à Bois-Guillaume

L'introspection pour étudier les contenus de conscience?

Par Sylvie Verdière

Psychologue Clinicienne

à Bois-Guillaume

Introduction

L'introspection fait partie du grand débat "Intériorité et comportement". Depuis l'Antiquité, l'Homme a cherché à savoir d'où viennent les idées, quels sont les éléments qui les composent et comment cet ensemble complexe peut agir sur le comportement.

Que penser de l'introspection comme méthode pour étudier les contenus de conscience?

Rappel historique : de l'âme à la conscience

Aristote considérait trois sortes d'âme (végétative, sensorielle et raisonnable), mais il ne faisait pas référence à la conscience. Descartes, lui, pensait qu'"il n'y a rien dont je ne sois conscient" et évoquait le "cogito": " le cogito est une chose qui pense", est consciente, et par cela domine, maîtrise la nature.

Aux 17 ème et 18 ème siècles, les empiristes tels que Hume, Locke...ont avancé la thèse associationniste des idées. Pour eux, les idées ne sont pas innées (contrairement à Descartes), mais viennent de l'expérience des sensations. Les idées complexes viendraient de la combinaison d'idées simples, élémentaires. 

Ces thèses associationnistes allaient ouvrir la voie, au 19 ème siècle, à l'introspection.

Qu'est-ce que l'introspection?

L'introspection, encore appelée "méthode de Wursbourg", se veut être une méthode expérimentale et une science des faits de conscience.

Son nom est beaucoup rattaché à celui de Wundt qui a créé le premier laboratoire d'études expérimentales en 1879, mais également à ceux de Binet, Bourdon...

Les partisans de l'introspection prétendaient qu'elle était infaillible dans la mesure où elle permettait d'atteindre soit-disant le "Moi intérieur", de permettre une réelle connaissance de soi-même ("il n'y a rien dont je ne sois

  conscient"), et dans la mesure où elle était une science des faits de conscience. En cela, d'ailleurs, l'introspection était à cent lieues de l'intuition bergsonienne: Bergson pensait que la conscience est un "tout", une unité et n'est pas divisible, séparable en éléments comme dans l'approche introspective.

L'introspection vise donc à découvrir ce qui se passe en soi, comment viennent les idées, les pensées en nous et comment nous réagissons face à cela, quels sont nos comportements. 

La méthode expérimentale utilise la méthode d'entretiens (provoqués) durant lesquels les sujets tentent d'expliquer ce qui se passe en eux lors de l'accomplissement d'une tâche spécifique.

Mais la méthode introspective a essuyé beaucoup de critiques qui ont fait qu'elle a dû laisser la place à d'autres comme le behaviorisme, plus connu en France sous le nom de "comportementalisme" (Watson a farouchement critiqué l'introspection).

Quelle étaient ces critiques, et principalement celles concernant l'étude des contenus de conscience?

Critique de l'introspection comme méthode étudiant les faits de conscience

Déjà, Conte disait que "l'oeil ne peut se voir lui-même", avançant que l'on ne peut être à la fois sujet et objet, observé et observateur. Par ailleurs, plusieurs expériences ont montré que les sujets avaient des choses en eux dont ils n'avaient pas conscience, que leur comportement avait été dû à l'"inconscient" (ex: faire référence à la mémoire). Ces éléments ont été démontrés par les études de cognition implicite: on s'est aperçu que des sujets étaient capables d'acquérir des connaissances sans en avoir conscience, et on a travaillé sur les

 notions "explicite" vs "implicite" concernant mémoire, consignes, représentations.

Les travaux de Reber et Berry sur les grammaires artificielles ont démontré que l'introspection ne suffisait pas pour "s'étudier soi-même", puisque beaucoup de nos idées (et ainsi que la façon de les acquérir) étaient du domaine de l'inconscient. 

D'autres critiques (pas d'accord possible sur le fait qu'il y ait des représentations sans image, le manque de résultats probants, le fait de ne pouvoir observer les autres "intérieurement", etc.) ont fait que l'introspection a dû laisser la place à d'autres méthodes "plus objectives", comme le comportementalisme qui, comme son nom l'indique,  prône la connaissance d'autrui par l'observation des comportements.

Vers un retour à l'introspection?

Par la suite, la méthode cognitive reprendra la notion d'association et essaiera de nouveau d'expliquer le "fonctionnement intellectuel", suivie par d'autres approches théoriques et pratiques thérapeutiques allant dans le même sens, à savoir sonder "ce qui se passe en nous".

Plus jamais, et il n'y a qu'à compter tous les ouvrages et toutes les émissions sur ce thème, comprendre ce qui se passe en nous est indispensable pour tendre vers un "mieux-être". Et même si l'on ne peut se connaître dans sa totalité, mieux se connaître est déjà la base d' une bonne estime de soi. Il n'est plus question ici de parler de l'introspection comme méthode expérimentale, mais comme une prise de conscience (tiens donc!) générale de la nécessité de mieux se comprendre soi-même pour se sentir mieux et  pour mieux interagir avec les autres.

Par Sylvie Verdière

Psychologue Clinicienne 

à Bois-Guillaume


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